Maverick est un joueur professionnel et streamer sur le jeu Hearthstone, produit par Blizzard. Il est de nationalité Belge et représente l’équipe ArmaTeam. Il a auparavant fait partie de l’équipe Millenium.

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KYKLOS : Comment as-tu démarré ta carrière dans l’e-sport ?

Maverick : Je n’étais pas un gros joueur de jeux vidéo mais je jouais quand même à World Of Warcraft. A un moment, je ne jouais presque plus et mon frère m’a parlé d’Hearthstone qui était sur la plateforme BattleNet. J’ai donc commencé à la bêta, et forcément comme il n’y avait pas beaucoup de joueurs, si l’un d’entre nous était meilleur, nous voulions discuter avec lui afin de progresser ! C’est comme ça que j’ai eu mes premières connaissances. Ensuite, il y a eu les premières OpenCup en ligne. Des petits tournois avec peut-être 5€ à la clef mais ce n’était pas ça le plus important. C’était un premier pas dans l’e-sport et un moyen d’affronter les joueurs qui voulaient aussi se lancer dans le compétitif.

J’ai ensuite eu une petite équipe, avec qui je m’entrainais et on a eu l’occasion après 6 mois de préparation de participer à un gros tournoi à Paris sur Hearthstone. J’ai eu la chance de le gagner et c’est là que ma carrière s’est lancée. J’ai donc pris une année sabbatique afin de me focaliser à 100% sur l’e-sport. J’ai alors intégré l’équipe de Millenium, où j’alternais entre un statut de streamer et de joueur professionnel. Un an après j’ai décidé de reprendre les études, j’ai donc un peu ralenti la cadence de jeu mais je continuais à participer à des tournois en parallèle. Je me suis alors rendu compte que j’avais encore le niveau pour rester au niveau professionnel. Après mûre réflexion, j’ai décidé de me consacrer à 100% sur l’e-sport. Actuellement, je suis donc chez ArmaTeam et tout se passe très bien. Je jongle entre mon statut de joueur professionnel et de streamer.

K : Donc comment tes tâches sont départagées ?

M :  J’ai un contrat lié à mon activité de streamer et un contrat de joueur professionnel. Il faut bien dissocier les deux car je n’ai pas les mêmes engagements et obligations en fonction du statut !

K : Comment prépares-tu tes tournois ?

M : Je joue tous les jours et j’ai énormément de contacts avec d’autres joueurs pour m’entrainer et trouver des nouveaux decks viables pour les tournois. Je joue aussi en partie classée quotidiennement.

Pour un tournoi en particulier, je vais regarder qui sont les joueurs présents, m’informer sur les différents decks qu’ils ont joué récemment et étudier aussi leurs manières de jouer. Mais ce n’est pas évident quand tu enchaines les tournois car cela fait beaucoup d’informations à mémoriser, cela demande beaucoup de temps au détriment du temps à pratiquer. L’idée est d’arriver à anticiper ce que ton adversaire va jouer afin de potentiellement le contrer.

K : Toujours au niveau de la préparation, que penses-tu du rôle de coach dans un jeu comme Hearthstone ?

M : Je n’ai jamais eu cette situation car je n’ai jamais eu de réel coach pour mon équipe. Chez Arma, nous avons Vinz qui a une grosse connaissance de la méta (ed. Données chiffrées concernant chaque carte) et qui peut essayer de t’orienter. Mais dans un jeu comme celui-ci, c’est assez compliqué de prévoir un deck gagnant car chaque situation est différente.

K : Et chez ArmaTeam, avez-vous un capitaine ?

M : Chez ArmaTeam, nous sommes tous au même niveau. Nous avons tous la même expérience du jeu et nous nous investissons beaucoup. Mais Hearthstone est un jeu “en temps réel” : si je joue moins, je serais moins bon qu’un autre parce que je n’aurais pas le temps de jeu nécessaire pour être meilleur que lui.

Nous avons eu des tournois par équipe récemment, et tout s’est bien passé. Nous nous écoutons pour chaque tour et n’hésitons pas à faire confiance aux autres membres de l’équipe pour décider des actions à effectuer. Chaque joueur a une classe favorite et avec laquelle il est plus performant, c’est important de ne pas se fermer aux critiques et aux conseils.

K : Comment vois-tu le développement de la scène e-sport sur Hearthstone ?

M : Nous avons énormément de super joueurs en France ! Avec ArmaTeam, nous organisons des ArmaCup, et c’est impressionnant de voir le niveau des participants.

En 2018, Blizzard a changé son système de points, et cela va complétement changer l’accessibilité à la scène e-sport d’Hearthstone. Ils vont aussi augmenter les cash prize des gros tournois comme les championnats d’Europe afin de récompenser davantage les personnes qui se sont investies sur le jeu.

K : Et en tant que joueur aujourd’hui, comment t’en sors-tu ?

M : Alors, si je n’étais que joueur, ma situation financière serait assez compliquée. Mais aujourd’hui, c’est le streaming qui me permet de vivre plus que mon statut de joueur.

Aujourd’hui, sur Hearthstone, il est difficile de vivre uniquement avec un salaire de joueur professionnel. Certes, je serai plus performant si je streamais moins car je pourrais plus me focaliser sur l’aspect compétitif, mais d’un point de vue purement financier, ce n’est pas possible à l’heure actuelle.

K : Et quel est ton meilleur souvenir ?

M : Ma victoire au Hearthstone festival. Après une année ou j’avais fais beaucoup de Top8, 3ème place … une victoire a fait plaisir. En plus, le tournoi était extraordinaire, la scène était magnifique et de nombreux joueurs internationaux avaient fait le déplacement ce qui a rendu la chose encore plus belle. C’est vraiment un beau souvenir.

 

L’application est disponible en bêta ! Alors rejoins la meute !

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