Vendredi dernier, nous avons rencontré Alexandre « Dach » Dachary, bras droit de ZeratoR, dans le but de discuter de son activité, de la gestion des évÚnements et de sa vision future du marché.

Pour le suivre, c’est ici : Twitter

Pour voir quelques-une de ses vidéos :

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Corgi Warlock

KYKLOS : Salut Dach ! Comment ça va ? Tout d’abord, merci d’avoir acceptĂ© cette interview ! Je sais que tu es trĂšs occupĂ© en ce moment.

DACH : Oui ! C’est vrai qu’avec les events oĂč on est invitĂ© et ceux qu’Adrien (ndlr. ZeratoR) a envie de faire lui-mĂȘme ça fait beaucoup de travail mais ça reste marrant.

K : L’idĂ©e de cette interview est que tu nous parles de tes activitĂ©s et que tu nous expliques pourquoi tu t’es lancĂ© dans l’aventure du gaming et quels sont vos projets Ă  venir.

D : Alors moi j’ai commencĂ© chez Eclypsia, petite structure Ă  l’époque, en tant que stagiaire. Le but Ă©tait de crĂ©er un portail d’informations sur le gaming pour ensuite ouvrir des WebTV. Je suis devenu le rĂ©dacteur en chef pour fixer la ligne Ă©ditoriale. AprĂšs cela, Ruurk (ndlr. fondateur d’Eclypsia) m’a proposĂ© de faire pareil avec la WebTV donc je suis devenu responsable des programmes. Mon rĂŽle Ă©tait de crĂ©er des concepts vidĂ©o sympas, de gĂ©rer des grilles de programmation avec diffĂ©rents animateurs. Puis j’ai occupĂ© les deux postes de maniĂšre simultanĂ©e, tout ça en trois ans et demi. J’ai quittĂ© la sociĂ©tĂ© en septembre 2015 pour rejoindre ZeratoR.

A l’époque j’étais plutĂŽt son assistant. Lui-mĂȘme ne savait pas vraiment de quoi il aurait besoin mais en tant que nouveau streamer indĂ©pendant il savait qu’il aurait besoin d’aide. Et de fil en aiguille il a commencĂ© Ă  se professionnaliser, il s’est mis Ă  monter d’autres projets et il a eu besoin de quelqu’un pour co-gĂ©rer tout ça. Faut savoir qu’il crĂ©e beaucoup de choses pour palier le moment oĂč le streaming ne marcherait potentiellement plus. Aujourd’hui je l’aide majoritairement dans la gestion de la sociĂ©tĂ©, le streaming, l’évĂšnementiel etc. Je fais beaucoup de travail de l’ombre type logistique, administratif, tout en lançant pleins de projets annexes donc en rĂ©alitĂ© je suis multifonctions.

K : Et donc plus spécifiquement tu travailles sur quel type de projets ?

D : Je vais bosser sur tout ce qui concerne la WebTV et les opĂ©rations spĂ©ciales, tous les Ă©vĂšnements auxquels ZeratoR prend part (les LANS, TrackmaniaCup, Z Event), tous les projets qui ont Ă©tĂ© lancĂ©s par Zera’ sur des thĂšmes qui l’intĂ©ressent, la compta, le juridique, la relation client. Je suis un point de relais entre les parties prenantes extĂ©rieures et ZeratoR en fait.

K : Et qu’est-ce que tu prĂ©fĂšres lĂ -dedans ?

D : Ce qui est bien c’est qu’on est dans un milieu oĂč il y a tout Ă  faire. C’est en croissance et on peut se permettre d’ĂȘtre crĂ©atifs, de lancer des choses, qui peut-ĂȘtre seront des piliers plus tard. Et ce qui est intĂ©ressant c’est qu’on peut lancer des trucs fous, et ça passe ! Par exemple Z Event (ndlr. rĂ©union de 35 streamers au mĂȘme endroit pour un stream caritatif de 50h), ça a eu un Ă©norme succĂšs, mais quand on l’a lancĂ©, on se disait, ce serait sympa que ça marche. On fait les choses qu’on a envie de faire, et c’est un luxe ! GrĂące au soutien de la communautĂ©, grĂące au milieu du divertissement, et grĂące Ă  notre ambition, on peut faire des choses qui nous plaisent, qui sont trĂšs variĂ©es et trĂšs intĂ©ressantes.

K : Et typiquement comment vous préparez un évÚnement comme la Lyon e-sport ?

D : L’avantage de la LES, c’est que c’est un Ă©vĂšnement auquel on participe essentiellement. Donc comme on n’est pas organisateur, on rassemble simplement une Ă©quipe de stream, rĂ©serve des slots, et anime un stream, ce qui est notre spĂ©cialitĂ©. AprĂšs, la LES, pendant longtemps c’était un Ă©vĂšnement tournĂ© vers League of Legends, lĂ  c’est en train de se diversifier avec notamment l’organisation d’un tournoi Fortnite, ce qui Ă©tait notre souhait depuis longtemps. Par exemple, c’est moi qui ai rapprochĂ© le staff de la LES avec le staff d’Epic Games pour la crĂ©ation d’une compĂ©tition Fortnite. Le tournoi a pu se mettre en place grĂące Ă  ça, et ça prouve que si les influencers se donnent du mal, ils peuvent faire avancer les choses.

K : D’accord. Et concernant les futurs projets de Zera, peux-tu nous rĂ©vĂ©ler quelques exclusivitĂ©s ?

D : Alors maintenant, on a deux events annuels. On a la TrackmaniaCup, dont on pense bien Ă©videmment faire une Ă©dition 2018, on essaye de varier l’endroit, mais ça coĂ»te extrĂȘmement cher, on essaye de rĂ©unir des sponsors, et comme d’habitude, il y aura des qualifications en ligne et les phases finales sur scĂšne et c’est Zera’ qui se chargera de la conception des maps. Ensuite j’ai dĂ©jĂ  commencĂ© Ă  travailler sur la deuxiĂšme Ă©dition de Z Event, car on veut au moins en faire une deuxiĂšme et Ă©ventuellement l’organiser de maniĂšre annuelle. On a pour politique avec Zera de s’engager une fois par an dans du caritatif. On prĂ©fĂšre organiser notre propre event, et cette annĂ©e on aura normalement de nouveau le soutien des Ă©diteurs et de dĂ©veloppeurs, on a de bonnes pistes pour avoir une meilleure installation que l’annĂ©e derniĂšre, a priori on a dĂ©jĂ  choisi l’association.

Et Zera veut lancer un autre projet dont je ne peux pas parler car pour l’instant c’est juste une volontĂ© et il n’y a rien de concret, mais ce serait un autre projet en salle. L’idĂ©e est nouvelle et drĂŽle, ça peut ĂȘtre sympa et les gens semblent intĂ©ressĂ©s.

K : Vous n’avez pas pensĂ© Ă  impliquer la communautĂ©, par exemple dans le cash prize ?

D : Je sais que Zera dĂ©teste le fait que Dota 2 fasse ça parce que les montants sont faramineux et l’éditeur gagne beaucoup d’argent dans l’ombre grĂące Ă  ça. Faut savoir que quand on achĂšte l’item in game Ă  7€50 il y a 2€50 qui sont reversĂ©s au cash prize. Le cash prize Ă©tait de 22 millions de dollars, ça signifie quand mĂȘme que Valve a pris 44 millions dans ses poches.

K : Un formidable outil marketing !

D : C’est clair ! Et Zera n’aime pas ça car il considĂšre, Ă  juste titre je pense, qu’on demande suffisamment l’appui du public. On vend des billets, on a une boutique, on reçoit des dons, on a des abonnĂ©s, les gens participent en masse aux Ă©vĂšnements caritatifs qu’on met en place, Faire en plus une compĂ©tition oĂč l’on demande aux gens de financer, ce n’est pas fair, sachant qu’ils paient dĂ©jĂ  leurs places. Donc c’est notre job de trouver des financements par des sponsors et des professionnels du milieu pour fournir un show qui attirera les gens sans qu’ils aient Ă  mettre la main Ă  la poche une fois de plus.

K : Oui on a vu d’ailleurs Riot se mettre à faire ça aussi. Mais est-ce que c’est le cash prize qui attire les gens ?

D : La diffĂ©rence entre Riot, Valve et nous, c’est que nous on fait du show. Eux ils font de l’e-sport. Et Ă  partir du moment oĂč t’as un cash prize important pour attirer les joueurs et les structures professionnelles tu gardes leur soutien. Et c’est important pour Riot d’avoir le soutien de TeamSoloMid ou de sponsors type Coca-Cola ou que sais-je. Et quelque part ça prouve l’engouement du public.

Nous ce n’est pas tout Ă  fait pareil. On fait du divertissement. Alors oui, le divertissement ça a un prix, c’est comme internet sans pubs ou les articles de fond dans la presse, donc Ă  un moment il faut accepter de payer, parce que l’offre est bonne. Nous on ne doit pas imposer aux gens de payer Ă  chaque fois. Les gens donnent plus facilement quand ça vient d’eux-mĂȘmes. Faut savoir mettre une barriĂšre. On n’exclut pas l’idĂ©e mais ce serait malvenu.

K : Et concernant Fortnite, Epic a profitĂ© de la tendance Battle Royale, et est en train de dĂ©velopper la compĂ©tition dessus, mais est-ce que tu penses que c’est un jeu qui est destinĂ© Ă  durer dans l’e-sport ?

D : Je pense que dĂšs que l’on peut s’affronter, ça peut ĂȘtre pertinent de mettre de l’e-sport dessus. Ça ne me choque pas, tant que c’est bien organisĂ©, que le rĂšglement est bien fait et que ça plait. En plus, il faut qu’on en profite de cette vague Fortnite puisqu’actuellement la France est leader sur ce jeu. Les influenceurs français ont donnĂ© un Ă©norme boost sur ce titre. Alors certes c’est la mode du battle royale, initiĂ©e par H1Z1 et PUBG, mais Fortnite a sa place. La seule difficultĂ© Ă©tait d’ailleurs plus sur PUBG qui a un gameplay beaucoup plus passif, lĂ  oĂč Fortnite est plus nerveux plus dynamique et plus “enjoyable” comme maniĂšre jouer, donc ça se prĂȘte mieux Ă  l’e-sport. C’est plus facile Ă  animer, plus accessible. Et gratuit ! Donc le tournoi Ă  la LES ce n’est pas le dernier qu’on verra, je pense!

K : TrĂšs bien, est-ce que tu as des choses Ă  ajouter ?

D : Je suis assez curieux de savoir vers quoi on se dirige. Je vais dĂ©couvrir le Dojo E-sport, fondĂ© par Olivier Morin, prĂ©sentateur du Canal E-sport Club, et c’est un espace communautaire professionnel pour faire des confĂ©rences des workshops etc. pour discuter des tendances du milieu, et vont notamment ĂȘtre abordĂ©es les questions du travail entre les influenceurs et les Ă©diteurs, de l’intĂ©rĂȘt de l’e-sport Ă  la tĂ©lĂ©vision et de la possibilitĂ© des jeux vidĂ©o aux Jeux Olympiques. Ce sont des sujets pas faciles Ă  rĂ©soudre, oĂč les opinions divergent. Par exemple, moi je n’ai pas envie de voir les jeux aux JO Ă  titre personnel, mais le dĂ©bat d’avoir une compĂ©tition par pays spĂ©cialisĂ©e dans les jeux vidĂ©o est intĂ©ressant.

Donc je suis curieux de voir si ça amĂšne Ă  d’autres choses. Il y a des gens de l’association France E-sport fondĂ©e avec Axelle Lemaire, on commence Ă  Ă©voquer le jeu vidĂ©o en politique donc certains y voient des opportunitĂ©s, beaucoup de gens s’intĂ©ressent au milieu, beaucoup de choses peuvent se passer. Donc il faut qu’on soit attentifs et qu’on accompagne le dĂ©veloppement du milieu.

K : Et d’un autre cĂŽtĂ©, ça rassure parce qu’on voit que le marchĂ© a changĂ©, que ce n’est plus limitĂ© au geek dans sa chambre, maintenant on parle de stars, en allant du streamer au joueur et de tout l’écosystĂšme qui a changĂ©, ce qui est dingue.

D : Je pense qu’on est toujours des geeks, mais qu’on est devenu bankable. Et du coup les gens ont moins tendance Ă  te dĂ©nigrer. Donc je veux voir oĂč ça nous mĂšne, si  ça pouvait ĂȘtre un dĂ©veloppement harmonieux de l’ensemble du milieu ce serait gĂ©nial, notamment en termes d’offres d’emplois, mais on peut vite tomber dans des travers typiques de business oĂč ceux qui ont les moyens vont tout verrouiller, se prioriser et l’évolution prochaine du marchĂ© va beaucoup dĂ©pendre de tout ça. Il faut rester attentif car tout se passe sous notre nez sans qu’on s’en rende forcĂ©ment compte. Beaucoup de choses vont changer d’ici 2020 donc gardons les yeux ouverts !

K : Bon et bien merci beaucoup d’avoir acceptĂ© cette interview, c’était trĂšs cool de ta part et merci pour toutes tes rĂ©ponses riches en informations et sans langue de bois. On se voit Ă  la LES !

D : Merci Ă  toi ! A bientĂŽt !

 

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