KYKLOS : Salut Arailla ! Est-ce que tu peux te présenter s’il te plait ?

Arailla : Alors moi c’est Arailla, je suis joueuse de League of Legends depuis la fin de la saison 1, et analyste sur le jeu depuis un peu plus d’un an. Je travaille désormais chez Gentside Esports, mais je suis d’abord passée par de plus petites équipes, par exemple d’un niveau Diamant, mais j’ai également été analyste dans l’équipe de Samchaka le coach actuel de Solary.

K : Ok super ! Et est-ce que tu peux nous détailler ce que tu faisais avant d’être analyste ? Qu’est-ce qui t’a amené vers ce type de poste plutôt que par exemple le statut de joueuse ou de coach ?

A : En réalité, avant d’être analyste je faisais du coaching solo. J’avais moi-même un niveau Gold/Plat, mais j’aimais beaucoup aider les joueurs en difficulté, ceux qui étaient bloqués en Bronze ou en Silver par exemple. Et un jour y a un manager d’une équipe de joueurs Diamant qui m’a demandé de l’aide, et comme il voyait que je me débrouillais pour tout ce qui concernait les explications, les recaps, les points à améliorer etc, il m’a proposé de rejoindre la team en tant qu’analyste.

K : Est-ce que toi tu es toujours une grosse joueuse ?

A : Pas vraiment. Je suis analyste sur mon temps libre, j’ai un travail à côté, en tant qu’ingénieur informatique. Donc même quand je sors du travail c’est pour faire des reviews, assister aux scrims, ce qui me laisse vraiment très peu de temps pour jouer. Mais de base je ne suis pas une grosse joueuse d’ailleurs.

K : Ah c’est intéressant ça. Comment tu expliques que tu aies cette capacité de compréhension et d’analyse d’une performance sur le jeu sans y jouer tant que ça ?

A : Déjà, ça fait longtemps que j’y joue, et même si je n’y joue pas 6h par jour, je peux affirmer sans trop de prétention que je connais plutôt bien le jeu. De plus, j’aime beaucoup regarder du contenu esportif, ainsi que des analyses de game qu’on peut retrouver sur Youtube par exemple. Je trouve ça hyper intéressant d’essayer de comprendre pourquoi telle ou telle équipe joue de telle manière, pick tel champion etc., et limite je préfère passer du temps à regarder comment le jeu marche à haut niveau plutôt que d’aller en Solo Q niveau Gold et me faire rekt en jouant Annie mid. Le jeu varie tellement selon le niveau.

K : Je comprend. Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus à propos du métier d’analyste ? Et si il y a une journée type, est-ce que tu peux nous la détailler ?

A : Pour le coup, comme je fais cela sur mon temps libre, ce sera plutôt une soirée type. Je vais revenir juste à temps pour spectate la dernière game de scrim de l’équipe. Ensuite je demande à xani, joueur et coach de l’équipe, s’il y a eu des games plus intéressantes que celle que je viens de voir qu’il faudrait analyser. Je vais passer ma soirée à review une ou deux games, je vais leur faire un powerpoint sur ce que j’ai vu avec des screenshots et des notes. Sinon l’analyste va aussi avoir un rôle de scouting en préparation des LANs, c’est-à-dire que je vais aller observer les streams et les replays des autres équipes afin de voir quels champions sont joués par tels joueurs, de quelle manière etc.

K: Le gaming et plus particulièrement l’esport sont des milieux majoritairement et traditionnellement masculin. Est-ce que ça a été facile pour toi de te faire une place dans ce milieu en tant que jeune femme ?

A : Je n’ai pas du tout pensé aux histoires de mixité quand je me suis d’abord lancée dans le coaching, je cherchais juste à faire quelque chose qui me plaisait et j’ai rencontré beaucoup de personnes qui étaient là pour la même raison. Peut-être que j’ai eu beaucoup de chance, mais les personnes avec qui j’ai travaillé ont toujours respecté ce que j’avais à apporter à l’équipe et je me suis toujours sentie écoutée.
Aussi, le poste d’analyste ne demande pas la même proximité que pour les coachs ou joueuses, mais dans mon esprit j’avais plus à faire mes preuves à cause de mon elo que parce que je suis une femme !

K : Est-ce que tu as été confronté à des freins qu’un homme n’aurait pas subi ?

A : Je n’ai pas ressenti de freins à proprement parler, mais il faut vraiment être à l’aise avec sa propre image avant de commencer à apparaître sur des streams, ou ne jamais lire le chat.


K : Est-ce que tu trouves que le milieu évolue dans un bon sens ? Qu’est-ce qu’il faudrait améliorer selon toi ?

A : Pour ce qui est de l’évolution du milieu, je sais qu’il y a Women In Games qui fait un très bon travail pour promouvoir la mixité dans l’industrie du jeu vidéo.
Sinon, je ne sais pas, poser ces question à tout le monde et pas qu’aux femmes aiderait peut-être à ce que chacun se sensibilise à ce sujet.

 

K : Merci beaucoup Arailla pour le temps que tu nous as consacré, c’est vraiment sympa ! On te souhaite un maximum de réussite pour la suite !

A : Merci à vous, c’était cool !

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