Lors de notre séjour à Marseille pour le ggCircuit sur le jeu Fortnite, nous avons eu la chance de rencontrer Romain « Samchaka » Malaye. Présent pour coacher l’équipe Solary, il a accepter de répondre à nos questions ! Son parcours, comment est-il arrivé sur l’esport, son passage sur Fortnite … Il nous en dit plus ! 

 

 

KYKLOS  : Salut Coach Sam ! Avant toute chose, est-ce que tu pourrais te présenter rapidement et nous décrire ton parcours jusqu’à aujourd’hui ?

SAMCHAKA : Bonjour ! Alors je suis SamChaka, mon nom est Romain Melaye, Je suis coach de l’équipe Solary pour LOL et Fortnite. Après sur cette saison cela va changer puisque je vais laisser ma place de coach de l’équipe LOL à Caelan afin de me pencher plus intensément sur Fortnite.

A l’origine je coachais juste de petites équipes LOL pour le plaisir. Très vite, j’ai atteint la scène semi-pro avec Nuit Blanche, il y a un peu moins de 2 ans. De là, j’ai réussi à me faire connaître, j’ai été recruté par GrosBill. Ensuite je suis parti en Espagne, en Turquie. Et là j’ai été contacté par Solary pour les rejoindre. Ca a été un moment fort, une vraie rencontre, et c’est ce qui m’a donné envie de travailler avec eux.

 

K : Est-ce que tu peux revenir sur ton parcours avant l’esport ?

S : A 14 ans j’étais joueur, coach d’une équipe jeune et arbitre en handball. Je continuais mes études aussi. Après le bac j’ai fait une prépa école d’ingénieur, tout en faisant de l’animation à côté. J’ai fait des tests en entreprise qui m’ont déplu donc je suis retourné vers l’aspect éducateur, animateur etc.

 

K : Et comment, à partir de tout ça, tu as atterri dans l’esport ?

S : Je n’étais pas forcément un gros gamer de base. Mon premier contact avec l’esport s’est fait via les championnats du monde de Quake à Bercy. Mais je n’étais ni joueur ni membre du staff, je suivais juste mes potes. Je me suis éloigné de tout ça, pour finalement retrouver un attrait vers les jeux vidéos en 2006 à travers WoW.  J’ai fini par être Guildmaster, Raidleader etc. de la première guilde québécoise. C’était purement amateur bien évidemment. A un moment j’ai tout stoppé, et j’ai découvert Starcraft II. J’ai pas mal grind le jeu, au point de devenir assez fort pour battre les joueurs réguliers mais pas assez pour battre les pros. Ca m’a un peu écoeuré et j’ai découvert LOL. Pour le coup, je trouvais LOL assez facile, j’étais assez detendu quand je lançais une game. Avec des potes on constituait des teams de 5 et je leur apprenais le jeu. Puis un jour j’ai eu envie de jouer avec des personnes d’un meilleur niveau donc je suis allé sur des forums, et à force de jouer avec ces personnes, 6 mois après j’intégrais Nuit Blanche.

 

K : Tu as coaché des équipes étrangères : tu étais sur place ou à distance ?

S : Concernant ma dernière équipe ça se faisait à distance. C’était une équipe de Ligue 2, la seule fois où je les ai vu c’était en finale de LAN à Madrid. Pour la Turquie, il y avait des deux. J’ai commencé en challenger qualifier, qu’on a gagné. Ensuite on a pas mal performé en challenger series et on a fini par remporter les phases finales. Pour tout ça je suis resté un mois sur place. Ca nous a donné une place en TCL, qui est l’équivalent des LCS en Turquie, où on a encore eu de bons résultats, sans pour autant parvenir à nous qualifier pour les Worlds via les play-ins.

 

K : Comment se passe une journée type d’un coach qui prépare ses joueurs à la compétition ?

S : Il y a pas mal de variables. On ne gère pas une équipe de la même manière si on est présent ou à distance. A distance tu n’as aucun contrôle sur les joueurs à part pendant les scrims. En gaming house ou en bootcamp, tu passes ta vie avec les gens, tu apprends à les connaître … Donc ça peut vraiment varier. Je vais prendre une journée chez Solary pour l’exemple. Le matin, on fait en quelque sorte une revue de la méta dans chaque région (NA, Corée, Chine…). Je regarde beaucoup la LPL et la LCK car ce sont les ligues les plus copiées donc ça peut donner des indications sur ce que ton adversaire peut sortir. Ensuite, quand tu es dans un système de ligue, tu sais quel sera ton prochain adversaire donc tu peux adapter ton entraînement en fonction. Je vais également consulter les analystes, qui viennent compléter ton travail, au niveau des stats ou même pour proposer des idées pour les matchs à venir. Ensuite, l’après-midi, de 15H à 20h généralement, on va scrim contre d’autres équipes. Et après ça tu fais des débriefs, de la VOD review… Il ne faut pas oublier qu’à côté de l’aspect sportif, il faut également gérer l’aspect management d’êtres humains, ce qui implique de permettre à tout le monde de s’aérer la tête, faire des sorties en groupe, ce qui pour le coup ne me concerne pas dans mon rôle de pur coach chez Solary.

 

K : Qu’est-ce que tu penses de l’évolution de l’esport LOL en France (Open Tour, LFL) ?

S : En réalité, je pense que c’est l’habillage qui se professionnalise, mais les équipes pros existaient déjà avant : Millénium, GO, LDLC … L’évolution dont tu parles concerne la professionnalisation en termes d’organisation et d’évènements. Donc plutôt la forme que le fond.

 

K : Concernant Fortnite, comment t’es-tu adapté au jeu afin de pouvoir être un coach compétent ?

S : Fortnite reste un jeu d’équipe, comme LOL, donc certains aspects primordiaux sont les mêmes ! La communication, la répartition des rôles, la préparation mentale, la planification … Ensuite, j’ai dû me concentrer beaucoup plus sur le jeu, je travaille encore aujourd’hui énormément afin de me renseigner sur les métas, les nouveautés, pour être en mesure d’établir des plans de jeu, des stratégies notamment. En vérité, j’adore ce jeu. Je le trouve extrêmement spectaculaire, très technique, compliqué, même si il a l’air simple sur le plan des concepts. Je rangerai ce jeu dans la même catégorie que le poker, à cause de la RNG. Mais on peut dompter cette RNG, soit par le decision making soit par la préparation tactique et mentale.

 

K : Concernant la jeunesse de la communauté Fortnite et des jeunes joueurs qui ont explosé grâce au jeu, qu’est-ce que tu penses de l’influence de Fortnite sur cette jeunesse ?

S : C’est quelque chose qui risque forcément d’arriver. les chiffres sont hallucinants. Mais même pour nous c’est une découverte. L’âge de la communauté est plus bas alors que les montants sont plus élevés. De plus, on fait face à une génération née dans les réseaux sociaux, où les influenceurs touchent de grosses sommes également. Les organisateurs de LAN ne se rendent pas compte des phénomènes que représentent les pros sur ce jeu. je pense à Kinstaar, il est extrêmement sollicité ! Sa fanbase est gigantesque et pour le coup très passionnée. Moi j’essaie de réclamer un peu plus de vie privée, des endroits pour réduire un peu cette exposition. Avant dans LOL on pouvait se balader en LAN et fréquenter son public. Là, les fans sont jeunes et surtout extrêmement nombreux, et ne se rendent pas compte de la pression qu’ils mettent aux joueurs. Kin’ et Hunter viennent d’avoir 18 ans donc il faut les protéger. En plus Solary est une énorme chaîne Twitch sur Fortnite en France, donc l’exposition est gigantesque. On a l’avantage d’avoir des gens qui ont la tête sur les épaules.

 

K : C’est tout pour nous ! Merci beaucoup d’avoir répondu à nos questions Sam !

 

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