League of Legends est un jeu référence dans l’esport ! Depuis maintenant quelques semaines, les meilleurs équipes Française s’affrontent en LFL. GO, Solary, Vitality Bee, LDLC… Chaque semaine, nous avons le droit au plus beau des spectacles ! Chez KYKLOS, nous aimons mettre en avant les acteurs de la scène Francophone. Et cette semaine, nous avons l’honneur de vous présenter notre rencontre avec Jérémy « Eika » Valdenaire. Joueur professionnel et midlaner pour LDLC, il a accepté de répondre à nos questions ! 

 

K : Salut Eika ! Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Eika : Je m’appelle Jérémy Valdenaire, plus connu sous le nom de Eika ! J’ai 22 ans et suis originaire de Nancy, dans le Grand Est ! Je suis midlaner sur le jeu League of Legends pour la team LDLC ! J’ai rejoint cette équipe il y a plus d’un an.

 

K : Comment en es-tu arrivé dans l’esport ? C’était un objectif que tu avais depuis longtemps ? Ou c’est venu au fil de l’eau ?

E: J’ai toujours joué aux jeux vidéo ! Mais je ne connaissais pas du tout l’esport à la base. Ni League of Legends d’ailleurs ! Un jour mon frère m’a parlé du jeu et des compétitions ! J’ai donc regardé ça d’un peu plus près. Ça m’a intéressé et j’ai tout de suite accroché ! Mais même quand j’ai commencé je ne me suis jamais dit “Je vais en faire mon métier !”. C’est après avoir eu mon bac que la question s’est posée. Je jouais énormément et j’avais un bon niveau ! Du coup, je me suis dis pourquoi pas tenter l’aventure esport !

En plus, j’avais un ami, Cabochar qui était déjà dans l’esport. Je le connais depuis pas mal de temps, même bien avant qu’il soit en LCS. Son histoire m’a inspiré et m’a donné envie de moi aussi faire partie de ce milieu.

 

K : Une belle inspiration du coup ! Et avant League of Legends, à quoi jouais-tu ? Et est-ce que tu as toujours était un try harder ?

E: Try hard comme sur League of Legends, jamais. Mais j’ai toujours joué ! J’ai joué à Dofus, à Warcraft… Et j’ai commencé LoL en saison 1 mais je n’ai joué en classé qu’à partir de la saison 3 ! Et saison 4 je suis passé Challenger pour la première fois.

 

K : Et si on revient un peu sur ton parcours scolaire : tu as été au bout de tes études ? Ou tu as laissé ça de côté pour mettre l’esport en priorité ?

E : De base, mes parents voulaient de toutes façons que j’aille jusqu’au Bac. C’est une bonne chose car c’est un passage important dans la vie ! Et ça permet d’avoir déjà un premier “bagage” scolaire ! Donc je jouais tout en allant en cours. C’est très important de passer au moins cette étape !

 

K : Mais à partir de quel âge tu as eu le niveau pour potentiellement devenir professionnel et en faire ton métier ?

E : Je suis Challenger depuis la saison 4. Donc c’était l’année de mon Bac !

Quand j’ai eu mon Bac STMG en Ressources Humaines, je suis allé à la Fac. Mes parents m’avaient donné un an pour percer dans l’esport. Donc la Fac c’était le bon plan pour toujours être scolarisé et jouer. Mais je me suis rendu compte que ce n’était pas compatible et je jouais énormément au jeu ! J’ai rejoint une équipe et je me suis qualifié pour les Challenger Series directement ! Du coup c’est la que ma carrière à commencer ! L’équipe c’était les Gamers2, maintenant plus connu sous le nom de G2.

 

K : Comment un petit jeune de Nancy, à tout juste 18 ans, se fait repérer et devient le joueur qu’il est aujourd’hui ?

E : Le plus important pour percer, c’est de se faire repérer dans le Ladder du jeu. Tu dois beaucoup jouer pour être au top. Mais il faut surtout, et c’est un must have aujourd’hui, avoir une bonne attitude. Si tu es motivé, et que tu veux devenir pro, tu peux y arriver ! Il faut une énorme motivation mais tout est possible ! J’ai donc beaucoup joué afin de faire partie des meilleurs joueurs, et c’est comme ça que l’aventure a commencé !

 

K : Tu as commencé chez Gamers2, et tu as aussi joué dans d’autres grandes équipes ! Tu peux nous en dire plus ?

E : J’étais chez Elements après Gamers2, et l’équipe s’est faite racheter par Schalke 04 ! J’ai aussi joué en Challenger Series avec pour Team 4G, une structure italienne ! J’ai aussi été remplaçant chez Unicorns of Love. C’était mes premiers pas dans le monde pro !

 

K : Tu as donc tout de suite joué au top niveau !

E : Oui tout à fait ! J’étais rookie avec Perkz etc … Donc j’ai tout de suite été mis dans le grand bain !

 

K : Et comment tu gères ce moment, où tu n’es plus le “petit” joueur challenger qui joue depuis chez lui, mais que tu deviens le représentant d’une équipe, qui joue sur scène ? Comment tu gères cette pression ?

E : Bah c’est simple, tu ne le gères pas (rire) ! J’étais très stressé et en plus l’équipe ne nous aidait pas trop. C’était très particulier ! Le club voulait juste se maintenir en LCS pour vendre le slot l’année suivante. Du coup on savait que ça n’allait pas durer. En plus j’étais très immature. Que cela soit dans mon comportement, mes prises de décisions… Ce n’était pas incroyable pour une entrée en matière … Je ne dis pas que je ne veux pas y retourner, bien au contraire. Mais psychologiquement ça a été une période très difficile, que j’ai très mal géré. Je n’étais tout simplement pas prêt.

 

K : Est-ce que cette expérience là te sers aujourd’hui ?

E : Clairement ! Mentalement ce n’était pas top comme je l’ai expliqué. Mais j’ai énormément appris sur le jeu en lui même. Que cela soit dans mes prises de décisions, ma vision du jeu… Je me sers de cela tout les jours pour tirer le meilleur de moi même !

 

K : Quand tu dis “dans mes prises de décisions” : quelle est la différence entre le Eika de l’époque et le Eika que nous connaissons aujourd’hui ? Qu’as-tu changé dans ton jeu ?

E : Je réfléchis beaucoup plus avant de prendre une décision. Je fais très attention aux éléments macro : où est le jungler adverse ? Est-ce que je peux agresser mon adversaire ? La vision est-elle bonne ? Est-ce que j’ai une information pertinente pour mes coéquipiers ?

Dans mon attitude aussi j’ai beaucoup évolué ! Je ne vais plus être négatif lorsque la partie ne se déroule pas comme prévu. J’essaye de toujours être positif et de trouver des portes de sorties qui peuvent nous avantager ! Je pense “équipe” et plus “perso”. Quand tu es jeune, tu es beaucoup plus à fleur de peau. Tu vas vite sur-réagir ! C’est pour ça qu’un encadrement est très important ! Surtout pour tes débuts.

 

K : C’est intéressant ce que tu dis là étant donné que depuis quelques temps maintenant, vous êtes coaché par YellowStar chez LDLC. Qu’est ce qu’un coach, qui a son palmarès et son histoire sur le jeu, vous apporte au quotidien ?

E : J’étais le shot caller sur les deux dernières saisons ! Il m’a énormément aidé sur ça ! C’est aussi des méthodes de travails. Par exemple, j’ai des post-it sur mon écran avec des petits rappels afin de bien avoir en tête toutes les informations que je dois communiquer ou autre. Maintenant, avec l’arrivée de Djoko et Steelback, je call moins et je peux me concentrer plus sur mon jeu ! Je donne les informations qui sont pertinentes pour aider l’équipe ! Mais je suis beaucoup plus focus sur mon jeu.

Comme dans une équipe de sport comme le foot, il nous a appris à avoir chacun un rôle qui est complémentaire à celui des autres ! Ce qui nous permet d’être très bien organisés et de très bien jouer !

 

K : Et tu as toujours joué au mid ?

E : Oui ! J’ai toujours aimé jouer des mages ! Donc en fait ça s’est fait naturellement ! Et ça fait plein de dégâts (rire)!

 

K : Tu es sur la scène Française depuis pas mal de temps, et elle a bien évolué ! Avec le LoL Open Tour, l’arrivée de la LFL … Que penses-tu de ces évolutions ?

E : L’Open Tour, c’était nécessaire. Les LANs c’est très bien ! Mais les conditions n’étaient pas optimales … Et la scène avait besoin de structuration ! Ce n’était pas stable, tout le monde pouvait battre tout le monde, pro et amateur étaient mélangés parfois !

Et maintenant avec la LFL, on a un vrai championnat ! C’est vraiment super ! En plus, l’audience répond bien ! On a des pics de viewers qu’on avait pas avant et ça c’est important aussi !

 

K : Qu’est- ce que tu penses du niveau global des équipes présentes en LFL ?

E : Le niveau est vraiment bon ! Il y a quand même un petit gap entre le haut et le bas de tableau ! Mais ce n’est pas une question de niveau, c’est plus je pense une question de préparation ! Après à voir sur le long terme et sur la saison mais pour le moment c’est vraiment intéressant à jouer !

K : Et est-ce que tu as été surpris des équipes sélectionnées pour jouer la LFL ?

E : Je ne connaissais pas MCES, mais c’est une nouvelle structure donc c’est logique. Mais non globalement je ne suis pas surpris !

K : Avec LDLC, vous êtes en gaming house. As-tu toujours été en GH ? Et qu’en penses-tu ?

E : Oui, j’ai toujours été en GH !

Le vrai avantage, c’est que c’est très pratique pour s’entraîner, revoir les games …  

Après avec l’âge, je me dis que parfois ça serait bien d’avoir un peu plus d’intimité et surtout un coupure. Si tu as ton appartement, tu vas le matin travailler et le soir tu rentres chez toi ! Ça te permet de couper ! Là, nous sommes continuellement ensemble ! Ce qui peut parfois créer des tensions car chacun a son mode de vie ! Après c’est quand même une bonne chose dans l’ensemble et je n’ai aucun problème avec ça !

 

K : Et si on revient un peu sur le jeu, quel est ton champion préféré à l’heure actuelle ?

E : Alors pour RIOT j’avais dit Azir. Mais je pense que c’est Diana. J’adore le champion !

 

K : Quels conseils tu donnerais à nos lecteurs pour progresser ?

E : Ne pas être toxique. C’est vraiment quelque chose d’important. Ça a un impact vraiment négatif sur l’ensemble d’une équipe, même en soloQ.  Après plus dans le jeu, je dirais respecter le Jungler adverse. N’agressez pas votre adversaire en continu ! Jouez intelligemment !

 

K : Tu parles beaucoup de l’attitude et de la toxicité. Tu pourrais nous dire d’après toi, qu’est ce qu’un joueur professionnel ? Est-ce que c’est juste un joueur qui est très bon au jeu ? Ou l’humain est tout aussi important ?

E : On vit en communauté. La négativité n’apporte rien de bon, quand ça soit dans le sport ou l’esport. Il faut toujours essayer de tirer les autres vers le haut ! L’entente entre les joueurs est tout aussi importante que le niveau de jeu !

 

K : A l’heure actuelle, l’équipe LDLC joue très bien ! Et vous avez eu de belles recrues ! Comment s’est passée leur intégration ?

E : Ça s’est très vite bien ficelé. On a beaucoup joué avec eux en amont et ça a bien collé !

 

K : Et quelles sont les ambitions d’un jeune joueur de 22 ans, qui joue à son meilleur niveau aujourd’hui ? La LEC est encore un objectif ?

E :  Je suis toujours attiré par la LEC ! C’est le top niveau ! Mais à l’heure actuelle mes projets courts termes c’est de tout gagner, LFL et le European Master !

Rejoindre la LEC c’est très compliqué si tu ne participes pas aux European Master, qui sont très suivis par les grosses écuries ! Mais on va prendre les matchs les uns après les autres ! Mais oui, l’ambition est toujours présente !

 

K : Et est-ce que tu penses parfois à l’après esport ?

E : Parfois, mais je vis au jour le jour. J’aime jouer à League of Legends, je suis jeune ! J’ai encore de belles années devant moi !

 

K : Et à côté de League of Legends, qu’elles sont tes activités pour te sortir du jeu ?

E : De ce côté, je ne suis pas compliqué ! Je vais beaucoup à la salle de sport, je passe mon code de la route.. J’aime bien la musique aussi ! Le chant et tout ce qui est autour de cet univers !

 

K : Eika dans The Voice bientôt !

E : (Rire) Oui c’est ça !

 

K : Est-ce que tu as un message à adresser aux gens qui nous lisent ?

E : Merci de nous suivre et de soutenir LDLC ! J’espère que vous aimez le jeu qu’on produit et que nous continuerons à vous donner du spectacle !

Et merci à toi pour l’interview !

 

L’application est disponible en bêta ! Alors rejoins la meute !

 

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