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Ancien joueur, et aujourd’hui commentateur, Robin « Binet » est l’une des figures de la scène Française de Counter Strike. Présent depuis de nombreuses années, il a accepté de répondre à nos questions. Son parcours, ses débuts, son rapport à l’esport … Il nous dit tout. 

K : Pour commencer est-ce que tu peux te présenter et nous parler de ton parcours ?

 B : Hello ! Je suis Binet, ancien joueur compétitif de Counter Strike ! J’ai joué à pas mal de jeux esport, jusqu’en 2013-2014.

Aujourd’hui je ne suis plus un compétiteur, mais j’ai toujours un pied dans le milieu. Je commente les compétitions nationales et internationales sur Counter Strike. A côté de ça, j’ai un poste de cadre dans une grande entreprise qui vend de l’énergie ! L’esport n’est donc pas mon activité principale au quotidien mais garde une importance énorme dans ma vie de tous les jours.

 

K : Comment es-tu arrivé dans l’esport ? C’était une vocation que tu avais ? Ou c’est venu un peu par hasard ?

 B : Alors ça c’est fait sur de longues années ! Je suis un sportif à la base et j’ai toujours aimé la compétition. Je joue aux jeux vidéo depuis que je suis tout petit ! J’ai dû commencer à jouer en ligne en 2003, et j’ai commencé CS en 2004-2005. J’étais bon sur le jeu mais pas non plus au-dessus du lot ! C’est en 2009 que j’ai arrêté le sport, mais j’ai continué à jouer aux jeux vidéo. Ça me permettait de compenser le manque de la compétition sportive. Mais comme j’ai gardé cette âme de compétiteur, je l’avais sur CS. Au fil des mois, je jouais avec des joueurs de plus en plus forts… J’ai fait aussi à cette époque mes premières LAN. En 2012, après plusieurs années d’expérience sur le jeu, on était bien installé sur la scène française ! On était dans le top 3. Ça fait donc quelques années que je suis là.

K : Tu joues à Counter Strike depuis plus de 10 ans. Que penses-tu de l’évolution du jeu ?

 B : L’évolution de CS c’est assez simple, ça ne change pas beaucoup. Les cartes évoluent un petit peu, ou parfois tu en as une nouvelle… Mais les mécaniques de jeu ne changent pas. Nous en tant que joueurs, tu dois connaître les cartes, connaître les différentes stratégies pour anticiper les mouvements de l’adversaire. Donc oui tout ça change avec le temps, mais le jeu est resté foncièrement le même.

 

K : Comment tu décrirais une partie de Counter Strike au niveau professionnel ?

 B : C’est une partie d’échec. C’est un mix entre l’intelligence des joueurs, leurs connaissances des adversaires et la connaissance de la macro du jeu. Ça reste “simple” à prendre en main ! C’est technique dans le contenu global plus que dans la mécanique pure. C’est un jeu d’intelligence.

 

K : Si on en revient un peu à toi, tu disais que tu étais sportif quand tu étais plus jeune. Est-ce que ton expérience dans le sport traditionnel t’as aidé dans le développement de ta carrière esport ?

 B : Je précise quand même que je n’ai pas eu de carrière sportive ! J’ai fait beaucoup de sport étant plus jeune mais je n’étais pas professionnel ou en phase de l’être. J’ai fait du judo, du tennis, du foot aussi… Donc la hargne, l’apprentissage aussi, j’ai connu ça dans le sport très jeune ! Il n’y a pas de secret, si tu veux être bon dans ton sport, tu dois t’investir. Et bien c’est exactement la même chose avec les jeux vidéo. Et le sport t’aide sur ces axes là car tu ne fais qu’appliquer ce qu’on t’a appris plus jeune.

 

K : Et du coup, comment passe-t-on de joueur esport à caster ? Quel a été le cheminement pour en arriver là ?

B : Comme je l’ai dit, j’étais un bon joueur. Et rapidement je me suis mis à faire d’autres choses à côtés du jeu. Notamment commenter des games pour m’amuser et faire les interviews internationales sur Vakarm. Je faisais aussi des reviews de vidéo et clip de CS… Enfin j’essayais des choses ! Mais c’était pour le fun à côté de la compétition.

C’est en 2016 que ça s’est relancé, on m’a recontacté pour un poste de caster sur CS et j’ai foncé ! J’avais fait une petite pause avant ça et j’avais envie de me remettre dans ce milieu. C’est ma manière à moi de rester connecté. Aujourd’hui je suis toujours la scène française et internationale assidûment.

 

K : Sur la scène pro actuelle, on a vu Vitality arriver sur la scène. Que penses-tu de leurs premiers mois ?

 B : Alors déjà pour la scène française c’est super qu’ils soient venus sur ce jeu. C’est l’une des plus grosses structures en Europe. Et en France ils font partie de ceux qui bâtissent l’esport de demain. Counter Strike est un jeu “historique” de la scène esport, c’est important d’être présent dessus au niveau de ton image de marque. C’est très puissant Counter Strike dans l’esport.

Quand tu mets tout ça bout à bout, c’est une bonne chose pour tout le monde que Vitality soit là aujourd’hui. En plus ils ont fait les choses correctement ! Ils se sont entourés des meilleurs afin de bâtir une équipe solide avec des joueurs de talent comme ZywOo. Ils ont la meilleure équipe française, et sont dans le top 5 monde … Pas mal pour des nouveaux arrivant sur la scène. C’est amplement mérité pour cette équipe qui aujourd’hui est capable de battre n’importe qui dans un jour et ça ce n’est pas donné à tout le monde !

C’est aussi une bonne chose pour la scène Counter Strike que Vitality soit arrivé car il faut des nouveaux arrivants pour essayer de toucher un nouveau public ! Les fans de Vitality regardent très probablement du CS maintenant parce que leur équipe favorite est engagée dans la compétition sur ce jeu. Donc c’est un win-win pour tous les partis et c’est une très bonne chose.

 

K : Et est-ce que tu penses que le jeu attire justement encore des nouveaux joueurs ?

B : CS est un jeu qui aujourd’hui est assez fermé si tu veux arriver au top de la compétition. Il y a beaucoup de joueurs mais peu d’élus si tu veux. Les joueurs qui sont aujourd’hui tout en haut soit ils sont très talentueux, soit ils ont mis le jeu comme une priorité dans leur vie et ont investi énormément de temps, et ce, depuis des années.

En fait, vouloir être en haut de la scène aujourd’hui demande trop de travail, trop de sacrifices… Et peu de personnes sont prêtes à ça. Après le jeu reste basique à comprendre : tu as deux équipes, et le but est de battre l’autre. Donc oui, d’un point de vue joueur casual si ça peut toujours attirer la nouvelle audience qui se met à regarder de l’esport maintenant, ma réponse est plutôt oui.

Après, comme tous les jeux, il y a aussi un cycle de vie et CS : GO est sorti il y a quelques temps maintenant (7 ans). On pourrait arriver potentiellement sur la fin d’ici 2 ans … A voir si Valve veut ressortir quelque chose ou non. Ça on ne sait pas ! Mais la licence est populaire. On joue à CS parce qu’on a entendu parler de CS.

 

K : Si je vais un peu plus sur l’esport au global. On a vu cette année l’arrivée de Fortnite et sa jeune audience. Est-ce que tu penses que cette nouvelle génération de viewer et de consommateur d’esport, peut s’intéresser à la scène de Counter Strike ?

 B : Tout le monde parle de Fortnite. Même dans les médias traditionnels, le jeu était tellement populaire, qu’ils en ont parlé. Et ce qu’il faut voir aussi, c’est que beaucoup de joueurs ont découvert les jeux vidéo par Fortnite. Donc forcément ça ramène une nouvelle audience qui va découvrir au fil du temps d’autres jeux et potentiellement s’intéresser un jour à du CS, du LoL …

 Et il ne faut pas oublier aussi que cette jeune et nouvelle audience regarde aussi beaucoup YouTube ! Fortnite a explosé aussi sur cette plateforme donc ça ouvre encore de nouveaux canaux pour que ces personnes découvrent d’autres jeux, d’autres compétitions… Donc oui ça peut en effet ramener de nouveaux viewers et joueurs sur un jeu comme CS.

Ça a démocratisé le jeu vidéo, et ça a aussi probablement aider des parents à comprendre ce qu’était ce marché du gaming et de l’esport.       

 

K : Et que penses-tu du jeu Fortnite en lui-même ?

 B : Le skillcap est impressionnant, ça je n’ai rien à redire mais d’un point de vu esport, c’est compliqué à regarder … Ils ont des mécaniques qui sont vachement intéressantes. Tu le vois quand tu compares un joueur pro et un joueur très bon au jeu… Ce n’est pas du tout la même chose. Le jeu est très frustrant pour les joueurs compétitifs je pense à cause de la RNG et de certains aspects broken du jeu en plus de quoi c’est très difficile à suivre pour une personne qui n’est pas dans la partie et assez imbuvable.

 

K : Quelles sont tes ambitions personnelles par rapport à l’esport ?

 B : Je n’ai pas forcément voulu évoluer dans l’esport d’un point de vue professionnel, pas encore. J’ai même pris quelques distances au début de ma “carrière” car je voulais un backup académique, je savais que c’était compliqué et moins bien encadré à l’époque et il n’y avait vraiment pas beaucoup d’opportunité de vrais emplois, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Autrement j’ai la chance aujourd’hui d’avoir un bon poste, je fais de l’esport en plus de mon boulot et ça me convient parfaitement. Parfois je me pose la question de vraiment me mettre dedans à fond, à voir… J’ai trouvé un équilibre qui me convient pour être honnête.

 Si un bon poste se créé un jour dans une structure liée à l’univers du gaming, je réfléchirais !

 

K : Pour conclure, j’aime bien poser cette question : à quoi est-ce que tu joues en ce moment ?

 B: Alors avant je ne faisais que du Counter Strike. Mais j’ai joué à beaucoup de jeux ! Et majoritairement en multijoueur.

J’ai beaucoup joué à LoL. Je suis monté Master pendant les saisons 5 & 6 à quelques games du challenger. J’ai tâté un peu Overwatch au début en ladder.

Niveau Battle Royale, j’ai joué à Apex et PUBG. Mais c’était plus pour m’amuser que tryhard vraiment.

En ce moment j’aime bien les autochess, TFT, etc… c’est mon passe-temps 😊

 

K : Merci beaucoup Binet, A très vite !

 B : Merci à toi et bonne continuation ! 

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